Blog d'informations et de formations du BTS opticien lunetier, destiné aux étudiants en école d'optique. Le grand public peut également être intéressé.
Méthode de Travail la suite
L'activité principale de l'étudiant est l'appropriation de la matière : saisie, compréhension, réflexion critique, mémorisation. Elle suppose que l'on parte d'un matériel reçu et que l'on y consacre un temps suffisant d'étude personnelle. Encore faut-il savoir comment s'y prendre pour étudier une matière ou un segment de matière. Que veut dire « étudier » ? On va voir notamment que l'étude comme la valse a un rythme en trois temps. Les considérations qui suivent sont faites dans la perspective de la première des trois études évoquées plus haut mais le lecteur verra de lui-même ce qui s'en applique également aux deux autres.
1. Le matériel de départ
L'objet de travail est généralement le syllabus, les notes que l'on a prises au cours (indépendantes ou inscrites dans le syllabus), les photocopies éventuelles de notes de condisciples, et une documentation d'appui (manuel, livres de référence, dictionnaire, etc…). Il est conseillé de ne pas s'éparpiller et de se choisir un support principal, le plus souvent le syllabus, et d'y rattacher ce qui provient des autres supports.
2. Le temps de travail d'étude personnelle
Sa durée quotidienne est de 8 à 9 h par jour en moyenne diminuées du temps de travail extérieur (cours, exercices, réunions de travail). Quelques recommandations :
– travailler ou faire autre chose, ne jamais mélanger (bannir le demi-travail) ;
– éviter les pertes de temps (fourches inutilisées, retard à « s'y mettre ») ;
– faire respecter son temps de travail par l'entourage ;
– savoir que l'idée qu'on devrait travailler est plus stressante que le travail même ;
– travailler par périodes entrecoupées de brèves détentes (50 ' + 10' ou 100' + 20, etc…) ;
– se donner au minimum un jour (ou deux demi-jours) de repos ou d'autres activités chaque semaine, en plus d'un temps libre quotidien (soirée p. ex.) (importance des activités « socio-culturelles ») ;
– repérer et exploiter les périodes les plus productives de la journée (souvent le matin) ;
– se réserver un sommeil suffisant, surtout en session ;
– prendre rapidement conscience de sa productivité (vitesse de travail) et s'adapter à la réalité de ce qui est à faire.
3. Première phase de l'étude d'un segment de matière : l'analyse
Cette phase consiste à saisir les éléments d'une partie de matière (5 ou 10 p. par ex.).
Le moyen est de lire attentivement, c'est-à-dire :
– en s'activant physiquement (crayonner, murmurer, déambuler),
– en se représentant ce qui est porté par les mots qu'on lit (cf. le proverbe oriental : quand on lui montre la lune, le sot regarde le doigt),
– en vérifiant le sens des éléments (dictionnaire, confrontation syllabus-notes, documentation d'appui),
– en soulignant de façon économe et sélective tous les éléments importants,
– en introduisant déjà quelques sous-titres.
Pour certaines matières il peut s'avérer très utile de confectionner un petit fichier de définitions. Quelle que soit la matière d'ailleurs, la précision du sens des mots est indispensable à la tenue d'un raisonnement cohérent.
4. Deuxième phase : la synthèse
Cette phase est essentielle et prend d'habitude plus de temps que la précédente et la suivante.
Elle consiste à comprendre le passage qui a été abordé, en lui-même et dans son contexte.
Comprendre implique d'introduire un ordre de coordination et de subordination entre les éléments. C'est à cette occasion que se développe parallèlement la réflexion critique.
Un moyen concret privilégié pour atteindre ces objectifs est de faire des plans-schémas qui, progressivement, recouvrent toute la matière. Voici une manière de faire :
– sur papier et en organisant l'espace ;
– faire figurer tous les éléments du passage considéré par des phrases, des bouts de phrase, des mots et toutes sortes de signes, en s'appuyant entre autres sur les soulignements effectués à la première phase, et s'arranger pour que tout ce qui importe soit explicitement ou implicitement représenté (ordre de grandeur selon les cas : une feuille pour 3, 5 ou 10 p. de syllabus) ;
– faire figurer ces éléments en les organisant dans un réseau de titres et sous-titres de divers grades poussé le plus loin possible et représenté par divers moyens graphiques (caractères, soulignements, décalage vers la droite selon l'importance décroissante, etc…) ;
– marquer d'un signe discret dans la marge de gauche les renvois intéressants à d'autres éléments de la matière ou vos propres observations.
Il importe de garder à l'esprit qu'un plan n'est pas un moyen d'avoir moins de matière mais bien de la mettre en ordre pour mieux la comprendre et, par là, mieux la retenir. C'est une représentation graphique qui sert à éveiller l'intelligence, non à l'arrêter. Aussi bien, dans son usage ultérieur, lorsque le plan sera repris pour une révision de la matière, on veillera à le « recharger » tout d'abord, c'est-à-dire à faire une relecture rapide des supports qui pourront ainsi y être mentalement réinjectés.
5. Troisième phase : la mémorisation
Cette dernière phase est beaucoup moins effrayante qu'il n'y paraît. Lors de la première étude, la mémorisation a déjà été faite aux trois-quarts, sans qu'on y pense, pendant les deux phases précédentes. Il suffit alors de l'achever rapidement. Un moyen concret : lire une feuille de plan, la regriffonner très sommairement de mémoire en essayant d'éviter les lacunes, recommencer s'il y en a, jeter les gribouillis à la corbeille et passer à la feuille suivante. Cette phase prend peu de temps lors de la première étude mais elle en prend évidemment davantage, proportionnellement, lors des suivantes.
Source ISP, Institut Supérieur de Philosophie